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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 11:30

Les chaleurs du week-end dernier ont fait fondre une partie du stock de neige en montagne (1 m en 6 jours à la station nivose du Lac d'Ardiden). La station de ski de la Mongie a les pieds dans l'eau. Mais aujourd'hui, au petit matin, c'est d'importantes pluies qui s'abattent sur la neige en altitude. Et de la neige, il en reste un max. Et de l'eau, il en tombe un max.

 

Je passe sur l'Adour ce matin, elle commence une nouvelle crue. C'est puissant, marron et limite inquiétant.

 

Adour6

L'Adour à Gerde

 

Adour4

 

 L'Adour de Gripp et de Payolle sont en crue, l'Adour de Lesponne est très haute.

 

L'automne dernier, nous avons observé l'apparition de résurgence en montagne provoquant des glissements de terrain importants emportant une quantité phénoménale de matériaux. 

 

IMGP0022

Appartition d'une importante veine d'eau et glissement de terrain en montagne cet automne.

 

Sur d'autres secteurs, des avalanches ont emporté des pans de montagne. L'eau qui y ravine rend les affluents totalement marron.

 

 

Adour8

L'Adour à Bagnères-de-Bigorre

 

 

 

En fin de matinée, Julien me prévient d'un niveau anormalement haut sur la Neste...ça monte en flèche... un truc de malade.

 

niv3grph

 

Impossible de rater çà. Nous partirons voir entre midi et deux ce qui s'y passe.

 

Sur place, c'est hallucinant.

 

Neste à Izaux

 

Des troncs d'arbre d'une bonne quinzaine de mètre dérivent à une vitesse vertigineuse.

 

Une partie du village de Lortet a les pieds dans l'eau.

 

Neste lortet6

 

Pour vous donner une idée voilà des photos de la Neste avec un niveau généralement classique de début de saison (en mars) et ce que nous avons pu observer ce midi (observer la taille du pêcheur sur la première photo...).

 

LortetB

 

Neste Lortet2

 

En amont du pont de Lortet :

 

LortetB (1)

 

Neste lortet5

 

Pour finir, voilà une petite vidéo vite fait.

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 09:39

Nous sommes dimanche matin. Il est 9h et nous trainons au lit avec ma femme. Nous profitons de nos dernières grasses matinées avant l'arrivée de bébé...

 

9h30. Faudrait quand même s'activer un peu là ... Ma femme se lève, ouvre les volets, la fenêtre de la chambre et me dit un peu surprise : "Oh, il a du pleuvoir cette nuit, on entend la rivière d'ici !"

 

"On entend la rivière d'ici" ... La phrase résonne dans ma tête. Jamais je n'ai entendu la rivière de ma chambre !!! Je comprend alors que l'Arros est en crue et que le frai des truites risque sérieusement d'en prendre un coup.

 

DSCN0293

 

Tout va vite dans ma tête. Hier encore, je voyais les Baronnies toutes enneigées (Les Baronnies sont un peu comme les pré-pyrénées, ces premiers vallons culminent à une moyenne de 1000 mètres d'altitude et constituent un peu le contrefort des premiers grands sommets pyrénéens). La neige s'y était accumulée depuis plusieurs jours. Une bonne quantité. Et ce que je redoutais arriva dans la nuit : un redoux avec d'importante pluie sur la neige du bassin versant ! Donc une "double" crue !!!

 

DSCN0298

 

Nous étions allés nous promené hier au bord de l'Arros pour prendre un peu l'air. L'Arros était haute, marron mais sans plus. Vigicrue me dit que ce matin que la rivière a pris 2 mètres dans la nuit. Je saute dans mon survet direction le pont du village.

 

niv3grph.php

 

 

 

Apparemment d'autre ont eu la même idée... mais sûrement par obligation : une équipe de surveillance est là sur le pont pour mesurer les débits.

 

DSCN0296

Là, c'est le moulinet. J'en avais déjà utilisé mais des 10 fois plus petit !!!

 

DSCN0303

Un décamètre est tendu tout le long du pont et les mesures de vitesse sont réalisées tous les x cm. Une formule permet ensuite de déterminer le débit du cours d'eau.

 

DSCN0297

 

Je rejoins l'abbaye pour voir ce que ça donne au niveau du pont de bois.

 

DSCN0299

C'est haut, puissant, et très chargé !!!

DSCN0301

 

Voilà donc une fraie de novembre 2012 qui ne devrait pas être loin d'avoir été totalement anéanti. Dégoûté ! Depuis quelques années maintenant, l'Arros s'était refait une santé mais restait fragile. Cette crue arrive vraiment au plus mauvais moment. Le frai de 2010 avait lui aussi subit quelques dommages lors de la crue de 2011, mais celle-ci était arrivée plus d'un mois plus tard que cette dernière, laissant plus de temps aux oeufs pour éclore.

 

Arros tournay Crue du 22 février 2011

DSCN0294 Crue du 20 janvier 2013

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 16:46

   

Tout avait plutôt bien commencé en novembre 2010 :

 

 

  

    La semaine dernière la neige était tombée assez bas (800m). Mais en ce début de semaine de fin février 2011, des pluies intenses et continues ont traversées notre belle région. Ajouter à cela, un isotherme au dessus des 1200 m d’altitude et vous comprendrez que la pluie qui tombe sur la neige provoque facilement une crue importante.

  Arros tournay

    L'Arros, il y a 3 jours. Sans commentaire !

 

    Les phénomènes de crue sont généralement bénéfiques pour les cours d’eau. Je suis souvent heureux et rassuré de voir nos rivières en crue en mai lors de la fonte des neiges ou en octobre par exemple. Mais dans les Pyrénées, une crue en janvier ou février est une vraie catastrophe pour la population salmonicole. L’ensemble du frai peut être anéanti en quelques heures.

 

adour montgaillard L'Adour à Montgaillard, il y a 2 jours, ça craint !

 

     Vous pourriez augmenter la taille légale de capture à 25 cm, baisser le quota de prise à 3 poissons par jour, interdire le wading en début de saison … qu’il n’y aurait pas plus de poisson si ces crues de février arrivaient chaque année. Ici, le succès de la fraie des truites dépend bien de l’hydrologie du cours d’eaux de novembre à mars. A cette période, dans notre malheur, il vaut même mieux que la crue arrive tôt plutôt que tard, les truites en novembre pouvant décaler leur reproduction.

  gailleste

La Gailleste, affluent de l'Adour en cours de décrue.

 

    Cette crue de fin février 2011 va donc à mon avis faire mal ! Surtout sur l’Arros dont la source est située à moins de 1200 m d’altitude. En aval de Bagnères-de-Bigorre, l’Adour et ses affluents (Oussouet, Gailleste) ont pris cher également.

 

oussouet2

L'Oussouet, aïe !

 

 Plus haut, Adour de Gripp et de Payolle ont tenu le coup (la neige remplaçant la pluie vers 1500 m en début de semaine). La magnifique Adour de Lesponne est certes bien montée mais pas de quoi s’alarmer.

 

adour de lesponne

 Adour de Lesponne, ça devrait tenir.

 

 Les Gaves et les Nestes dans leur partie amont semblent avoir bien résisté pour les mêmes raisons. Message d'espoir également sur des défluents de l'Adour comme l'Alaric où le niveau a été régulé.

  alaric

 L'Alaric, au débit régulé, le frai sera sauvé.

  

    Évidemment, il y a eu, il y a et il y aura encore des crues. Le problème c’est que l’Homme a modifié considérablement la réponse hydrologique des bassins versants face aux épisodes pluvieux. (Suppression des zones humides, des zones d’expansion de crue, enrochement, canalisation des rivières, reprofilage des fossés, imperméabilisation de surface de sol, drainage des zones de culture, et j’en passe). Il fallait également plus d’espace à l’Homme. Pouvoir utiliser le terrain jusque très proche du cours d’eau. Devoir maîtriser la rivière. Que l’eau parte le plus vite possible vers l’aval en cas de crue. Le lit de la rivière s’est peu à peu enfoncé. Les défluents se sont déconnectés. Les cours d’eaux montent plus vite désormais. Et quand ça bourrine comme cette semaine, ça racle au fond, ça emporte le frai des truites, puis le lit s’enfonce encore un peu plus.

 

affluent arros rectiligne

 ça devait être trop gênant que ce ruisseau serpente auparavant au milieu de la prairie

 

     On peut être pessimiste sur l’avenir. Se lamenter. Serrer les dents et être égoïste. Ne plus pêcher qu’à l’étranger.

On peut aussi se bouger le cul. Des solutions existent. En octobre 2009, j’interviewer Jean-Luc CAZAUX, Technicien Rivière :  L'Adour par Jean-Luc CAZAUX . Voilà déjà ce qu’il nous disait à l’époque :

   

« Une des solutions qui fonctionne c'est de redonner un équilibre naturel à l'Adour. Comme exemple, et c'est un peu ma fierté, c'est tout le travail réalisé sur l'Adour de Bagnères à Tarbes en collaboration avec le Contrat de Rivière du Haut-Adour. Redonner l'espace rivière par la remise en service de tous les réseaux secondaires en remettant fonctionnel tous les bras qui ont été déconnectés du lit principal suite aux nombreux recalibrages. Ces bras sont à la fois utile lors de crue mais également favorable à la reproduction denos salmonidés. Redonner également son espace d'expansion de crue à l'Adour, grâce à la mise en place d'un espace de mobilité (c'est déjà en place sur le nord du département). Tout cela semble facile, mais en réalité il y a souvent barrages où je dirai plutôt ralentisseurs que sont les activités humaines (agriculture, industrie, remembrement). 

Moins on touche à la rivière, mieux elle fonctionne. L'entretien d'une rivière, ce n'est pas de la transformer en parc et jardin et encore moins en canal. »

 

    Si les élus comprennent et font confiance à des gens compétents, nous irons loin !

 

 

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 12:18

Actuellement nous entendons un peu tout et n'importe quoi sur les éventuelles interdictions de construire des ouvrages hydroélectriques. Idée reçue qui s'appuirait sur la DCE (Directive Cadre sur l'Eau) dont l'objectif premier est d'atteindre le bon état de toutes les masses d'eau : cours d'eau, lacs, eaux côtières, eaux souterraines d'ici à 2015. 

 

101_4331.jpg

  Pour que nous n'ayons plus à voir ce genre de débit réservé honteux !

 

Ce qui m'inquiète le plus c'est que certains pensent que le principe même de non dégradation de l'état des masses d'eaux instaurée par la DCE suffira à contrer les projets hydroélectriques. Mais je n'entend pas les pêcheurs sur le nouveau classement des cours d'eaux qui découle justement des objectifs de la DCE. Il me semble opportun de faire un petit point sur cet enjeu de première importance concernant la préservation de nos rivières face à la construction de nouvelles retenues d'eau qu'elles soient  à but hydroélectrique, d'irrigation, de loisir ....

 

En effet si beaucoup de pêcheurs, voire d'aappma, voire de Fédé ne prennent pas conscience de ce qui pourrait découler de ce nouveau classement, il est fort probable que nos rivières soient morcelées par réservoirs d'irrigation ou toute autre forme d'hydroélectricité. Car je vous promet que les producteurs indépendants d'hydroélectricité ou autres groupes (agricole notamment), voire même d'Elus, qui mettent la pression ont bien conscience de ce que ce nouveau classement  pourrait les priver ! Et ils se font entendre eux !

  Gaube

    Les rivières en tête de bassin versant, encore protégées mais pour combien de temps ?

 

Les cours d'eaux sont actuellement classés en 2 catégories (qui n'ont rien à voir avec 1ère et seconde catégorie) :

 

- Les cours d'eaux réservés (au titre de la loi de 1919 sur l'énergie) sur lesquels aucune autorisation pour la construction de barrage ne peut être délivrée. Fixée par décret en Conseil d'Etat, cette liste protège actuellement environ 10% du linéaire des cours d'eaux français.

 

et

 

- les cours d'eaux classés au titre de l'article L 432-6 du Code de l'Environnement sur lesquels il est nécessaire de rendre franchissable les obstacles afin de permettre la libre circulation des poissons migrateurs.

 

DSCN4027

    Des cours d'eaux "réservés"  qui pourraient perdre leur statut 

 

Mais la Loi sur l'Eau et les Milieux Aquatiques du 30 décembre 2006 prévoit au plus tard au 1er  janvier 2014 la suppression de ce classement et le remplacement par 2 listes (liste 1 et liste 2) avec une nouvelle notion : "la continuité écologique" (transport solide des matériaux (blocs, cailloux, sédiments...) au fil de l'eau, et la circulation des espèces).  

 

Dans chacune de ces listes, on peut trouver des cours d'eaux entier, des portions de rivière, un bassin versant, un affluent... Ainsi, un même cours d'eau peut être classé en liste 1 et en liste 2.

 

La liste 1 :

 

Un cours d'eau sera en liste 1 si :

- il est en très bon état,

- ou joue le rôle de réservoir biologique identifié par les SDAGE

- ou sur lequel une protection complète des poissons migrateurs amphihalins est nécessaire (poissons qui sont dans l'obligation de se déplacer entre les eaux douces et la mer afin de réaliser complètement leur cycle biologique).

 

Il découle de cette première liste 2 points importants. Sur ces cours d'eaux :

 

- aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique,

 

- le renouvellement des autorisations ou concessions des ouvrages existants est subordonné à des prescriptions (remise en conformité s'ils ont un impact sur la continuité écologique, entretien, ...).

 

lesponne

    Une rivière avec de beaux débits et une belle pente, convoitise de l'hydroélectricité

 

La liste 2 :

 

Tous les cours d'eaux sont potentiellement éligibles. Il s'agit ici de hierarchiser les cours d'eaux sur lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des matériaux et/ou la circulation des poissons migrateurs.

 

Sur ces cours d'eaux de la liste 2, les ouvrages existants devront être aménagés et gérés pour permettre la libre circulation des espèces et le transport sédimentaire et ce dans un délai de 5 ans. L'autorité administrative définit pour ces ouvrages des règles de gestion, d'entretien et d'équipement.

 

Ce qu'il faut retenir :

 

Un nouveau classement des cours d'eaux est en cours d'élaboration et conditionnera :

 - les lieux où l'implantation de nouveaux ouvrages sera très difficile (projets pouvant être contrés facilement),

- les lieux où l'aménagement des ouvrages est obligatoire ainsi que leur gestion et entretien et ce avec un délai fixé par le législateur.

  Gaoube

     Des projets hydroélectriques de longue date sur ce ruisseau encore préservé.

  

Où en sommes-nous ? :

 

La circulaire du 17 septembre 2009 demande que ces classements soient effectués avant la fin 2011. Actuellement, les cours d'eaux sont en cours de pré-classement par les services de l'Etat. Je dis pré-classement car il s'agit en fait d'une proposition. Proposition qui est ensuite "débattue" (après concertation de les tous les utilisateurs de l'eau (irrigation, hydroélectricité, loisir, ...)).

 

Ainsi, sur un pré-classement qui pouvait être à notre avantage au départ, il se pourrait que des cours d'eaux  en liste 1 soient ainsi déclassés devant l'abondance d'avis défavorables des producteurs hydroélectrique ou groupes agricoles pour l'irrigation voire même les communes elles mêmes ! Ces derniers voyant en effet d'un mauvais oeuil les contraintes qu'occasionneraient le classement des cours d'eaux en liste 1 (voire en liste 2) sur leur projet de barrage. 

 

Je m'inquiète donc de ne pas entendre les pêcheurs sur ce nouveaux classement pourtant essentiel. Il est important que nous fassions remonter l'information auprès des aappma pour que celles-ci se positionnent et qu'enfin des avis favorables de classement de cours d'eaux en liste 1 contrent les avis défavorables et un possible déclassement sur les avants-projets de liste 1 et 2.

 

Lorsque au bout de la procédure, les listes seront officielles, il ne faudra pas alors s'étonner d'un nombre important  de projet de micro-centrale par exemple sur un cours d'eau de montagne jusque là préservé mais qui n'aura pas été classé en liste 1  !

 

Arize

 

Noyer un tel vallon, en faire une retenue de 15 millions de mètres cube pour arroser le maïs à une centaine de km de là, voilà le type de projet auquel nous devrons faire face.

 

DCE et classement des cours d'eaux : des outils réglementaires pour contrer des projets.

 

Attention cependant. Ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit. A savoir qu'il ne sera pas possible d'implanter un barrage sur un cours d'eau classé en liste 1 :

 "Aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique" sur les cours d'eaux de la liste 1

 

pourrait vouloir dire également :

 

une autorisation ou concession peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils ne constituent pas un obstacle à la continuité écologique sur les cours d'eaux de la liste 1.

 

Reste à savoir maintenant comment les bureaux d'études que nous espérons indépendants et objectifs pourront mesurer l'impact d'un barrage, qui n'existe pas encore, sur le transport sédimentaire !

 

Ceci implique donc que des projets qu'ils soient hydroélectriques, d'irrigation, de loisirs, d'alimentation en eau potable, ... il y en aura toujours et même de plus en plus (merci le Grenelle de l'Environnement). Des dossiers seront montés. Peut-être même que de mauvaises décisions seront prises par les services de l'Etat. A nous d'être vigilants.

 

Prise d'eau

  La rivière en contre bas pourrait être si belle sans cette imposante prise d'eau. Résultat : 5 km de cours d'eaux en piteux état.

 

DCE, LEMA, classement des cours d'eaux (code de l'environnement), SDAGE sont des outils qui nous permettrons de contrer ces projets ou décisions. Ainsi, dans le cadre du classement des cours d'eaux, le combat a déjà commencé et continu ! Impliquons nous pour que cet outil nous serve et non nous desserve. Sincèrement, nos rivières en ont bien besoin. 

   

TRF     Le no-kill c'est bien ... mais il y a bien plus important : la préservation du milieu !

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 11:12

Les moucheurs seraient-ils des caliméro en puissance ? Tout le temps en train de se plaindre, constamment insatisfaits, élitistes, donneurs de leçon, intolérants et écolos intégristes (voilà en gros une définition des moucheurs qu'avait donnée un journaliste halieutique bien connu par chez nous en Hautes-Pyrénées ). A l'heure où quelques uns tentent d'opposer clairement les moucheurs aux autres pêcheurs, écrire de tel chose dans un semestriel adressé aux pêcheurs du Sud-Ouest relève de l'irresponsabilité. Et pendant le temps que la petite guéguerre dure, des projets hydro-électriques fleurissent un peu partout sur nos têtes de bassin versant. Bref, là n'est pas l'objet de mon coup de gueule du jour.

   101 5350

                                                             Il est pour qui ce carton ?  

 

S'il est vrai que je râle régulièrement sur la gestion halieutique mais aussi sur la gestion de l'eau, j'essaie d'apporter des solutions qui aillent dans le sens du milieu sans pour autant priver le pêcheur de sa passion. Halieutisme et protection seraient donc antagonistes ? Je ne le pense pas. Tout dépend de ce que l'on met dans le terme "halieutisme". L'action de certains gestionnaires de la pêche et de la protection des milieux aquatiques est pour le moins surprenante (pour ne pas dire de gros mot). Alors je mets aujourd'hui la main à la poche pour en retirer un joli carton rouge que j'adresse d'une part à l'AAPPMA de l'Amicale des Pêcheurs des Deux Nestes (AAPPMA d'Arreau) pour la gestion du parcours no-kill d'Arreau sur la Neste, et d'autre part aux gardes de la Fédération de pêche 65 pour l'incohérence de leurs actions sur ce même parcours.

 

Afin que vous compreniez mieux le mécontentement de nombreux moucheurs, il est bon que je rappelle quelques faits.

 

 

No-kill d'Arreau : de la création à 2009

 

Le parcours no-kill d'Arreau a été créé au début des années 2000 par des moucheurs membres de l'AAPPMA Amicale des Pêcheurs des 2 Nestes. Le parcours devient très vite réputé grâce à l'implication de ces membres (mise en place d'une carte, suivi de la fréquentation, entretien...) et à l'extraordinaire densité de beaux poisson qui s'alimentent régulièrement en surface.

 

101 5280      Eaux claires, gros poissons et activité en surface régulière : un bonheur pour le moucheur 

 

Ce parcours très court (500 mètres de long) débute à la limite amont de la réserve de pêche de la prise d'eau d'Arreau (barrage) et se termine au premier pont d'Arreau. Le parcours est vraiment atypique : une zone très large avec un gros et long profond d'environ 100 m, une zone relativement rectiligne composé d'un lisse immense d'environ 200 m, puis une succession de zone de courant, radier, lisse et profond sur les derniers 150 m (le parcours fait moins de 500 mètres en réel !). Situé en amont immédiat du barrage d'Arreau, au moins la moitié du parcours est soumis à une sédimentation qui change d'une année sur l'autre la configuration des veines d'eaux et la tenue des truites.

 

                       DSCN4328      La partie amont beaucoup plus diversifiée : grands lisses, radiers, courants et fosses 

 

Au départ, c'est donc un parcours plutôt varié (grâce à la partie amont) et où l'on peut pratiquer la pêche en sèche, en nymphe à vue ou en nymphe au fil. La population piscicole est surprenante et notamment la densité de grosses truites dépassant régulièrement les 40 cm avec en prime quelques individus pas rares de plus de 50 cm. Le plus intéressant selon moi étant de pouvoir pêcher ces poissons à vue, en sèche ou en nymphe.

 

  101 5275

    Les beaux poissons vadrouillent en surface ...

  101 5289

   ...ou se postent dans la veine d'eau pour gober

 

Mais depuis 2006, les personnes à l'origine de la création du parcours nous font part de leur inquiétude. Tous les ans, ils doivent se battre pour conserver ce parcours qui menace d'être supprimé. Chiffre de fréquentation à l'appui grâce à la mise en place d'une carte obligatoire et gratuite, chaque année, ce petit groupe de pêcheurs résiste. A notre plus grand bonheur.

 

101 5286

        No-kill d'Arreau, un parcours sans cesse remis en cause.

 

Avec le développement d'internet, les forums spécialisés pêche mouche et l'arrivée des blogs, ce parcours a très vite été "médiatisé" et jouit d'une excellente réputation. Les moucheurs du 65, 31, 32, 64, 09 sont nombreux à le pratiquer. Si le département des Hautes-Pyrénées attirent un nombre important de touristes amateurs de sports d'hivers ou amoureux de la montagne, le no-kill d'Arreau est, certes à une bien moindre mesure, un point de passage obligé pour le moucheur touriste et par conséquent ses accompagnants.

    DSCN4838

                            Magnifique truite du no-kill d'Arreau

 

Toutefois, si la réputation d'un tel parcours a été rapide, elle peut également se défaire très vite devant les actions contradictoires et incohérentes menées par l'AAPPMA locale.

 

 

AAPPMA d'Arreau : du grand n'importe quoi avec ce no-kill !

 

  La première action qui choque dans la gestion de ce parcours est le traditionnel et annuel concours de pêche tout kill organisé par l'AAPPMA sur CE NO-KILL MOUCHE ! Alors là, j'avoue que je me pose des questions sur l'aspect réglementaire de la chose. Comment un parcours no-kill validé par Arrêté Préfectoral où est clairement établi l'obligation de pêcher à la mouche et de relâcher ses prises quelque soient leurs tailles peut recevoir légalement des pêcheurs au bouchon qui pratiquent un prélèvement pour un concours de pêche ? Ces pêcheurs sont forcément en infraction à ce moment là et donc verbalisables ! Et puis sincèrement, n'y a-t-il pas d'autres endroits qu'un no-kill pour ce genre de concours avec bassinage ?  La partie de la Neste "gérée" par l'AAPPMA serait-elle trop courte ? Imaginez, 500 mètres de rivière en no-kill et on y fait là le concours tout-kill avec déversement de poisson. N'importe quoi !

 

  concours

        Photo Pascal Guyon : le traditionnel et annuel concours tout-kill sur le no-kill !

 

  Mais le pire est arrivé en milieu d'année 2009. Nous sommes désormais averti. L'AAPPMA d'Arreau a décidé de "modifier" ce parcours no-kill pour la saison suivante. En fait, je dis "modifier" car à cette époque le Président de l'AAPPMA contacté à plusieurs reprises par téléphone est plutôt soit indécis soit d'avis très changeant ! Nous aurons donc eu plusieurs versions de l'avenir du no-kill :

 

version 1 : suppression du no-kill

 

version 2 : conservation du no-kill dans son intégralité de l'ouverture mi-mars jusqu'au concours annuel en juillet, puis à partir du concours, ouverture du no-kill au prélèvement

 

version 3 : conservation du no-kill avec ouverture au prélèvement des gros sujets

 

version 4 : décalage du no-kill

 

version 5 : réduction de la longueur du no-kill et donc ouverture au prélèvement de la zone amont

 

 Le 9 juillet 2009, je serais le premier à envoyer un courrier à M. Le Président de l'AAPPMA de l'Amicale des Deux Nestes avec copie à la Mairie, à l'Office de Tourisme et à la FDAAPPMA 65, pour signifier mes inquiétudes, mon grand mécontentement et indiquer les atouts d'un tel parcours pour le tourisme pêche. Courrier qui d'ailleurs serait arrivé partout sauf ... au Président de l'AAPPMA lui même ! De nombreuses autres lettres sont ensuite parvenues à l'AAPPMA et à la FD tentant de démontrer l'attrait et les avantages d'un tel parcours. Cette vague de courriers aura peut-être eu l'influence d'éviter les versions 1, 2, 3 et 4 citées ci-dessus. Cette vague de courriers n'aura aussi peut-être servi à rien. La version 5 (réduction de la longueur du no-kill) semble tenir la corde.

 

101 5278 Avec ses 500 mètres de long, le no-kill d'Arreau était-il trop long pour que l'AAPPMA le réduise à 350 m ? 

 

Après un nouveau contact téléphonique avec le Président de l'AAPPMA, je me rends compte que les arguments pour l'ouverture d'une partie du no-kill sont extrèmement minces. Ni en faveur du milieu, ni en faveur de l'halieutisme. Le but inavoué est de faire plaisir à une poignée de pêcheurs, bien moins nombreux que les utilisateurs du no-kill. L'argument est le suivant : " la partie amont du no-kill est très peu pêchée par les moucheurs, elle est délaissée donc autant l'ouvrir pour en faire profiter les autres". Faux, refaux et archifaux. Personnellement, je n'ai jamais fait de sortie sur ce no-kill sans pêcher la partie amont. Mais bon. Bref. Au cours de cet entretien téléphonique, le Président me signifie qu'actuellement aucune décision n'est prise. Une réunion du Conseil d'Administration doit être organisée pour définir la meilleure solution. Je lui propose donc mes services :

- assister à la réunion et expliquer le bien fondé d'un tel parcours, arguments à l'appui,

- faire la promotion du no-kill et organiser une journée d'initiation à la pêche à la mouche sur le parcours par l'intermédiaire de Clubs Mouche (je ne serais pas le seul à lui faire cette proposition), comme ce qui se fait avec l'AAPPMA voisine (Vielle-Aure) sur le no-kill de Saint-Lary-Soulan.

 

100 8735

        Photo Laurent Busser : journée découverte pêche à la mouche sur le No-Kill de St Lary, imaginer le bonheur du gamin de découvrir la pêche à la mouche avec un membre de l'équipe de France ! L'AAPPMA de Vielle-Aure a tout compris.

 

  Monsieur Le Président de l'AAPPMA semble intéressé et m'annonce qu'il ne manquera pas de m'appeler lorsque la date de la réunion aura été retenue... Il n'en sera rien. La décision a été prise : le parcours sera amputé des 150 derniers mètres passant ainsi de 500 mètres à 350 mètres soit environ moins de 1% du linéaire géré par l'AAPPMA ! 

 

  ouverture du no-kill au prelvement

Ouverture 2010 : l'ancienne partie amont du no-kill. Un parcours no-kill qui ouvre, ça attire ! (10 pêcheurs à 8h15).

 

 Je crois que je garderais toujours à l'esprit ce 13 mars 2010 et cette magnifique fario arrachée de l'eau, déposée sur le bitume de la route 3 mètres plus haut puis coincée sous une botte pour ne pas qu'elle saute. Avant la fatale torsion de nuque. Cette truite que nous avions peut-être pris une, deux ou 10 fois. Cette truite qui s'était peut-être reproduite, une, deux ou 5 fois. Belle image de notre passion pour les touristes et les enfants qui rejoignaient les stations de ski un peu plus haut.

 

Mais ces pêcheurs n'y sont pour rien. L'AAPPMA d'Arreau leur a donné le droit de le faire ... nous leur avons donner le droit de le faire . Si responsable il y a, ce serait nous les moucheurs ! Combien étaient-ils au Conseil d'Administration pour voter contre la réduction du no-kill ? Apparemment, au minimum, un de moins que les autres !

 

 

Ah ben si les gardes s'y mettent !

 

 Je n'ai pas pour habitude de taper sur les gardes de pêche. Bien au contraire car je sais que la tache est des plus difficiles et plutôt ingrate. Je leur tire même mon chapeau à de nombreuses occasions. Vous n'imaginez même pas quel stratagème ils sont capables d'inventer. Nous avons besoin d'eux. Ils sont essentiels.

 

 Mais ce qui s'est passé sur le no-kill d'Arreau est pour le moins surprenant. Les gardes ont verbalisé un moucheur qui pêchait en amont du panneau "réserve" en rive droite. Pour ceux qui connaissent ce no-kill, la rive droite est constitué d'un muret qui surplombe la rivière. La limite amont de la réserve était jusqu'ici indiquée par un panneau placé sur un arbre au seul endroit où nous pouvions épuiseter les poissons ferrés. Je crois que nous avons tous pêché à cet endroit, en toute bonne foi et dans la légalité pensions nous. 

 

ancienne limite

    En encadré, position de l'ancien panneau réserve

 

Alors pourquoi avoir verbalisé un pêcheur qui ne pêchait pas en réserve mais sur le no-kill ? Après plusieurs renseignements obtenus, il semblerait que l'amende soit justifiée au niveau législatif mais injustifiée au vu de la communication qui est faite au pêcheur. Je m'explique :

 

On distingue les réserves de pêche temporaires et les réserves permanentes. Pour faire simple,  le positionnement des panneaux "réserve" font foi uniquement pour les réserves temporaires. Parmi les réserves permanentes, il y a notamment celle-ci :

 

" Cours d'eaux classés à saumon et à truite de mer : toute pêche est interdite dans ces cours d'eau, 50 m en amont et 50 m en aval des obstacles au franchissement des migrateurs, ainsi que 50 m en amont des grilles de protection des turbines et 50 m en aval des ouvrages de restitution des eaux turbinés "  

 

Voilà donc le cas de la réserve permanente de la prise d'eau d'Arreau. Ainsi les panneaux en rive droite et gauche de fin de réserve étaient mal positionnés car à moins de 50 mètres de l'obstacle au franchissement des migrateurs (barrage d'Arreau). Les panneaux ne faisant pas foi pour ce type de réserve, l'amende est donc justifiée. Sauf que la communication de la FDAAPPMA 65 sur ce domaine est totalement erronée.

 

Tout d'abord le panneau de la réserve implanté en AMONT du barrage (cf. ci-dessous) qui indique : "défense de pêcher sur le barrage et dans les 50m en aval". Avouer quand même qu'ils auraient pu ajouter "et dans les 50m en amont".

 

101 5269

       Un panneau réserve qui oubli d'indiquer la réserve en amont du barrage !

 

Mais plus que ce panneau, c'est le dépliant fédéral qui est source de confusion. La partie "réserve de pêche" est séparée en 2 feuillets. Le feuillet de gauche présente les réserves permanentes. Feuillet dans lequel nous devrions retrouver le cas de la réserve d'Arreau. Le feuillet de droite indique lui les réserves temporaires. Surprise : le cas de la réserve d'Arreau ( que j'ai encadré ci-dessous) est placé dans le feuillet de droite, donc dans les réserves temporaires où les panneaux font foi ! Incroyable. Certes, ce n'est qu'une erreur de forme mais qui est lourde de conséquence. Comment ne pas prendre en considération notre bonne foi quand nous pêchions en amont du panneau réserve !

 

dépliant

    Dépliant fédéral 2010 : le cas de la réserve d'Arreau classée dans les réserves temporaires !

 

  Lorsque l'on connaît le pêcheur qui s'est fait verbalisé, sa bonne foi, et les erreurs de panneautage et de communication, on se demande ce que les gardes avaient en tête. A tel point que le Président de la Fédération lui même a largement revu à la baisse le prix de l'amende qui est tombée à 75 €. Voilà un geste qui mérite d'être souligné et nous le remercions.

 

  Le problème c'est qu'avec cette "affaire", la garderie a effectué un nouveau panneautage qui réduit un peu plus le parcours no-kill et notamment une belle zone en rive droite. 50 mètres en amont du barrage disions nous ? Pas tout à fait ! Si le nouveau panneau en rive gauche est bien à 50 mètres pile du barrage, le panneau en rive droite, lui ,a été implanté à 68 mètres de l'ouvrage ! Rien que ça. Mais bon, comme les panneaux ne font pas foi, la prochaine fois que j'y pêche, je tirerais au préalable le décamètre sur le sol .

         

 

101 5284

 

       Panneau en rive droite à 68 mètres du barrage !

 

 L'idée n'est pas trop de pleurer sur 18 mètres de gagné ou 43 mètres de perdu mais c'est surtout que cette nouvelle implantation nous empêche de pêcher une bonne partie la zone aval en rive droite puisque la remise à l'eau des poissons dans des conditions décentes et respectueuses est désormais quasi-impossible. Ici, la berge est constituée d'un muret et nous pêchons bien au dessus du cours d'eau. Avant, le panneau était situé sur la seule zone où nous pouvions épuiseter et remettre à l'eau les truites dans de bonnes conditions. Nous avons donc tenté de palier à ce problème par l'utilisation d'une épuisette à rallonge de type Mac-Gyver . Certes, nous arrivons à épuiseter le poisson mais très difficilement à le remettre à l'eau. Donc c'est pas top. Donc on ne pêche plus cette zone. Vraiment désolant. Et au final, ce n'est pas 25 mètres de rive que nous perdons mais bel et bien 100 mètres. Par conséquent, le parcours qui faisait 500 mètres en rive droite depuis sa création fait désormais 250 mètres "pêchable" en août 2010 ! Mais chut, après on va traiter les moucheurs de caliméro ! 

 

DSCN7696      Une épuisette à la MacGyver pour épuiseter les truites du haut du muret. Mais la remise à l'eau est scabreuse pour le poisson et le pêcheur ! Je ne renouvellerais pas l'expérience.

 

 

Et donc ?

 

   Sincèrement, je ne suis pas forcément un adapte de la théorie du complot, mais si l'AAPPMA d'Arreau et la garderie voulaient dégoûter les utilisateurs de ce parcours no-kill, ils ne s'y prendraient pas autrement ! Quel va être désormais la réputation d'un tel parcours que l'on vient de salir plusieurs fois en un an ?

 

   Et donc me direz-vous ?

 

 Et bien ce n'est pas démago de dire que Monsieur, qui choisi sa destination vacances en fonction de la qualité de la pêche et des parcours no-kill, emmènera certainement Madame et les marmots dans un gîte en Lozére plutôt que dans la Vallée de la Neste. Monsieur ira pêcher l'un des 24 parcours no-kill Lozériens (dont un de 2800 mètres !), pendant que Madame ira au marché de pays. Et le soir, heureux de sa pêche, Monsieur invitera Madame et les enfants au restaurant du village. CQFQC ! (Ce Qu'il Faudrait Qu'ils Comprennent).

   

   Il existe pourtant des alternatives, des orientations que pourraient suivre l'AAPPMA d'Arreau et qui pourraient peut-être convenir à tout le monde. Redonner au no-kill d'Arreau son linéaire d'origine et organiser sur ce parcours, avec l'aide des Club Mouche du département, une journée de découverte de la pêche à la mouche. Evenementiel qui profiterait aux pêcheurs locaux qui n'ont jamais touché une canne à mouche. Une initiation au lancer. Des démonstrations de montage de mouche. Sans déversement de poisson. Sans concours de pêche. Des bénévoles de l'AAPPMA avec des bénévoles de Clubs Mouche pour une belle manifestation, çà c'est de l'halieutisme ! Puis par la même occasion, lorsque le panneau de limite amont de la réserve aura été implanté à sa juste place, la création de petits escaliers sur le muret pour que les moucheurs puissent épuiseter les farios et les remettre à l'eau dans les meilleurs conditions. Nous sommes près à participer à ces petits travaux ; çà c'est de l'halieutisme associé à de la protection.

  

Arreau amont

   Il y a pourtant de la place, et de très grands parcours sur l'AAPPMA d'Arreau (cf. photo ci-dessus et ci-dessous), pourquoi supprimer en plus 150 mètres de no-kill ?    Arreau amont (1)

 

 

 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 11:15

cigarette

     

Nous sommes en plein mois d'août. L'orage au loin menace. Surplombant les eaux limpides de l'Arros, j'observe ces deux belles truites qui nymphent près de l'enrochement. Adossé à la canalisation d'évacuation des eaux pluviales du village, j'hésite sur le modèle à leur présenter. Trop tard. Une averse de tous les diables s'abat sur la rivière. Je m'abrite sous un arbre 5 minutes. L'intensité de la pluie est magistrale mais de courte durée. La rivière retrouve son calme, les eaux toujours claires. Mais alors que je me poste à nouveau, le déversoir crache à la rivière une eau marron chocolat accompagnée d'une quantité incroyable de déchet en tout genre. Paquets de cigarette, sacs plastiques, journaux, tracts publicitaires, emballages de sandwich, cannettes de bières... Le contraste est saisissant. La rivière d'une pure beauté se transforme en égout à ciel ouvert.

 

 

 

   

caddy

 

 

 

 

 

Nos cours d'eaux sont bel et bien le réceptacle de tous les déchets que nous laissons sur le sol. De la plus petite molécule de desherbant à l'énorme bâche d'ensilage, tout fini un jour ou l'autre à la rivière.

 

 

 

 

 

 

 

 

égout                          égout2

                              Un autre problème : les rejets d''eaux usées domestiques

 

 

    équipe 3

  Le samedi 27 mars 2010, l'AAPPMA de Gaule Bigourdane a organisé une journée nettoyage de printemps sur les berges de l'Adour. Ce n'est pas tant pour se donner bonne conscience que cette action est menée mais bien pour sensibiliser les citoyens sur la quantité de déchet que reçoit la rivière. Si pour l'instant le problème à la source ne semble pas évoluer dans le bon sens (je parle entre autre des fabriquants d'emballages), faisons au moins l'effort, nous consommateurs, de mettre ces déchets là où ils doivent être : à la POUBELLE.

 

 

                                                                                                                       

La suite de cette journée en photo avec mes remerciements à JOS et JLC auteurs de ces clichés  :

 

 mario jos rené

 On se partage les berges et les poches se remplissent vite

 

 Net rené et andré

 Non André, le gros tuyau faut le laisser !

 

dedette blandine marie

 Le coup de main des femmes est le bienvenu

 

 

rené jos et audrey

René indique les déchets, Audrey exécute et JOS cherche les morilles 

 

 

juju

Bonne idée les waders Julien 

 

 

dedette

 Un chien bien dressé pour le ramassage

 

 

rené et mario

 Accès difficile pour Mario et René, mais le trésor n'est pas loin ...

 

 

journal porno

 Tu l'as gardé celui là ?

 

 

nico et alain

Un petit air de ressemblance

 

 

ramassage berge

 A côté du Lycée, les déchets sont nombreux

 

 

équipe 2

 Une partie de l''équipe avant l'apéro (pas d'autres photos après car toutes floues )

 

 

récolte 1

 La récolte du matin

 

 

récolte2

C'est pas la plus belle photo de ton chien Marie ! 

 

 

kangoo

 A la fin de la journée, le Kangoo 4x4 de l'AAPPMA est plein. L'odeur est insoutenable !

(PS à JLC : il est pas à l'heure ton apn  )

 

 

héron

C'est quand même plus jolie une berge propre !

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 12:30


Voilà mon premier coup de gueule de l'année 2010 et ce à 2 jours de l'ouverture de la pêche en première catégorie : la Fédération Nationale de la Pêche en France (FNFP)  a demandé l'uniformisation des dates d'ouvertures et de fermeture de la pêche en France pour les rivières de 1ère catégorie et le brochet en seconde catégorie.

Ainsi, le 22 février 2010 paraît sur le site du Ministère de l'Ecologie et du développement durable et du reste (MEEDDM) une consultation publique sur le projet de décret modifiant les dates d'ouverture et de fermeture de la pêche. A l'origine, nous avons jusqu'au 1er mars pour déposer notre contribution à cette consultation (soit 7 jours  pour que l'on puisse d'une part faire passer l'information et d'autre part y répondre).


Que veut la FNFP pour les eaux de seconde catégorie ?

L'article R436-7 du Code de l'Envrionnement prévoyait une période d'ouverture du 3ème samedi d'avril au dernier dimanche de janvier de l'année suivante. Le préfet pouvait par Arrêté motivé prolonger d'une à 4 semaines la période de fermeture afin de s'adapter au contexte local, sur les eaux de seconde catégorie.

L'ouverture de la pêche du brochet correspond en fait l'ouverture de la pêche des carnassiers aux leurres, mort-manié, vif etc... Nous pêchons donc le brochet certes mais aussi le sandre et le black-bass.

SAN62N07.jpgCes deux dernières espèces ont une stratégie démographique particulière puisque le mâle construit le nid, féconde les oeufs déposés par la ou les femelles puis défend le nid, les oeufs et les alevins pendant plusieurs semaines. Tout intru (ecrevisses, poissons... mais aussi leurre) passant à proximité du nid est violament attraper par le mâle puis déposé hors du nid. Ces poissons sont donc très vulnérables à la pêche pendant leur période de reproduction. Pour les sandres et les black-bass la période de reproduction s'étale respectivement d'avril à juin et de mars à juillet en fonction des conditions hydrologiques locales et de la température de l'eau.
C'est pourquoi le Législateur avait prévu afin de protéger ces espèces la possibilité par Arrêté Préfectoral de repousser la période d'ouverture des carnassiers en seconde catégorie. Ainsi sur certains département l'ouverture avait lieu le 3ème samedi d'avril (avec les massacres que l'on connait sur les frayères à sandre) et sur d'autres était repoussée mi-mai soit 3 semaines plus tard.

La FNPF, qui ne soucis guère des stratégies démographiques des poissons et qui pense que le sandre du Lac de Bort-des-Orgues se reproduit en même temps que le sandre sur le Cher ou que le brochet du bassin de l'Adour arrive sur ses frayères en même temps que le brochet du bassin de la Loire, a donc demandé à ce que l'ouverture ait lieu pour tout le monde le 1er mai ET QUE la possibilité donné au Préfet de prolonger la période de fermeture soit SUPPRIMEE. L'argument de la FNPF étant le suivant : "le 1er mai est une date emblématique qui facilitera les actions de communication." (source : MEEDDM). Donc à la fête du travail allons casser du sandre . La fête des mères c'est pas mal non plus ! Tiens le 14 juillet ça sonne bien aussi. Mieux le 1er avril : POISSON D'AVRIL .


Que veut la FNFP pour les eaux de première catégorie ?
 
L'article R436-6 du Code de l'Environnement prévoyait une période d'ouverture (sauf pour l'ombre commun) du 4ème samedi de mars au premier dimanche d'octobre dans 16 départements et du 2ème samedi de mars au 3ème dimanche de septembre dans les autres départements. Le Préfet pouvait cette fois prolonger l'ouverture (et non la fermeture)  d'une à trois semaine par Arrêté Préfectoral.

S9.jpgLa FNFP a demandé que l'ouverture au second samedi de mars et la fermeture au 3ème dimanche de septembre soit retenue pour l'ensemble du territoire. Par contre cette fois, elle ne demande bien sûr pas le retrait de la possibilité au Préfet d'allonger la période D'OUVERTURE puis que cela va bien dans le sens de l'halieutisme ! L'argument de la FNPF est cette fois à la limite de la blague : elle estime "qu'une harmonisation serait génératrice d'une communication claire, précise et sécurisera légalement les pêcheurs lors de leur déplacement d'un département à l'autre" (source : MEEDM). Je propose aussi que pour sécuriser légalement le pêcheur on ne fasse plus de fermeture du tout   et parallalèlement qu'on fixe la maille des truites à 5 cm comme ça le gars qui garde une truite de 15 cm quand la maille était à 18, ben au moins il sera "sécurisé légalement" .


Ce qu'a donné la Consultation Publique :

Ben rien !

Le projet de décret modifiant les dates d'ouverture c'est transformé le 10 mars (soit moins de 2 jours après la cloture de la consultation) en décret 2010-243 du 10 mars 2010. Lui même publié aujourd'hui, le 11 mars 2010.

BRO71N04.jpgIl semble donc évident qu'en 2 jours, le MEEDM a dépouillé tous les "questionnaires" postés à la consultation, analyser l'ensemble de ces questionnaires, pris en considération les remarques des consultés puis réactualisé le projet de décret en fonction de ces remarques et enfin fait signé Monsieur FILLON et Monsieur BORLOO respectivement Premier Ministre et Ministre du MEEDM. Pire, de leur côté, les Fédérations de Pêche avaient déjà publié en décembre 2009 sur leur dépliant pêche de l'année 2010 la date d'ouverture du brochet au 1er mai.

Une consultation publique, sans information, sans communication, qui dure 7 jours au départ puis finalement dont la cloture est reportée deux fois parce que nous sommes quand même citoyens et que le message au sein des pêcheurs peut grâce à internet passer très vite, et dont on ne tient pas compte des réponses ... franchement, de qui se moque-t-on ?

Voilà donc se fameux décret :

Article 1

Le I de l'article R. 436-6 du code de l'environnement est remplacé par les dispositions suivantes :
« I. ― A l'exception de la pêche de l'ombre commun qui est autorisée du troisième samedi de mai au troisième dimanche de septembre inclus, la pêche dans les eaux de 1re catégorie est autorisée du deuxième samedi de mars au troisième dimanche de septembre inclus. »

Article 2

Le 1° de l'article R. 436-7 du code de l'environnement est modifié comme suit :
― les mots : « troisième samedi d'avril » sont remplacés par les mots : « 1er mai » ;
― le deuxième alinéa est abrogé.

Article 3

Le ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


Loire-Primagaz (1)Vous remarquerez à n'en pas douter dans l'article 2 : "-le deuxième alinéa est abrogé"
Et voilà ce qu'était le deuxième alinéa de l'article R. 436-7 du Code l'Environnement :


"Lorsque les caractéristiques locales du milieu aquatique justifient des mesures particulières de protection du patrimoine piscicole, le préfet peut, par arrêté motivé, prolonger d'une à quatre semaines la période de fermeture dans les cours d'eau et les plans d'eau qu'il désigne ;"

Sur volonté de la Fédération Nationale de la Pêche en France (FNFP), qui se dit également pour la protection des milieux aquatiques alors que ces termes ne sont pas dans le sigle, le décret supprime entre autre la possibilité d'adapter la réglementation aux caractéristiques locales du milieu aquatique dans un soucis de protection du patrimoine piscicole.


En conclusion :

La FNFP souhaite l'harmonisation de la pêche en France dans un soucis de promouvoir l'halieutisme et parfois aux dépend de la protection des espèces et des milieux.

Afin de gagner des adhérents, faire prendre plus de poisson leur semble la solution idéale. Et la fin justifie les moyens. Tant pis pour les oeufs et alevins de sandre et black-bass qui ne seront plus défendus contre les autres prédateurs lorsque le male rejoindra le pannier du pêcheur. Tout le monde sait que permettre la pêche sur une frayère à sandre le 1er mai fait prendre plus de poisson que si la pêche n'était autorisée qu'en juin par exemple.

Indre-le bourroux (4)Les arguments et excuses trouvés par la FNFP sont pitoyables. La FNFP nous prendrait-elle pour des jambons ? De qui se moque-t-on ? L'harmonisation de la réglementation synonyme d'uniformisation ne fait pas bon ménage avec la protection des milieux aquatiques, qui plus est lorsqu'elle nivelle par le bas la réglementation et qu'elle ne repose sur aucune donnée scientifique.

L'organigramme de la pêche en France étant celui-ci :
AAPPMA (local), FDAAPPMA (départemental), UR (régional), FNFP (national),
c'est à se demander si la FNFP n'est pas trop éloignée des problématiques de terrain.


L'avenir : 

La FNPF a commencé par une harmonisation des dates d'ouverture. Le pire est d'ailleurs peut-être à venir. Bientôt une harmonisation des tailles légales de capture quelques soient les différences des milieux ? Ou encore autre chose ? Vous pensez que j'exagère ? Attendez donc la suite :

Les Présidents des FDAAPPMA ont reçu les conclusions du séminaire de la FNFP des 16, 17 et 18 septembre 2009 validées par le Conseil d'Administration du 3 novembre 2009 (le CA de la FNFP étant pour l'instant ouvert uniquement à des Présidents de FDAAPPMA). En page 6 du document, afin de développer et promouvoir la pêche de loisir, on peut lire :

"3 - Clarifier la réglementation

- Expurger les règlements intérieurs de tous les obstacles au loisir pêche ;

- Formaliser une procédure réglementaire de retrait d’agrément à l’encontre des AAPPMA et/ou de leurs responsables ;


-
Créer une commission de conciliation nationale chargée de régler les conflits entre fédérations et AAPPMA ;

- Insérer l’halieutisme comme un des fondements de la réglementation de la pêche.

L’échéance est fixée à 2011.
"

 
Point par point et respectivement celà veut dire par exemple :

- supprimer le réglement intérieur d'une aappma qui aura décidé suite à une étude scientifique sérieuse que la taille légale de capture des truites est portée à 30 cm sur son territoire puisqu'elle ne s'est pas reproduit avant cette taille.

- retirer l'agrément à l'aappma et/ou à l'un de ses membres car elle/il ne rentre pas dans le moule décidé par l'UNFP (là c'est quand même énormissime),

- créer une commission de conciliation qui pourra dire  : vous, aappma, êtes en tord par rapport à la Fédération départemental, aussi par le point suscité, nous en profitons pour vous retirer l'agrément,

La dernière est la meilleure et réellement la plus grave :
- insérer l'halieutisme comme un des fondements de la réglementation de la pêche : on en a rien à cirer des études scientifiques et des possibilités, limites et problèmes des milieux et des espèces . La réglementation ne doit pas tenir compte de la réalité du milieu, de la protection des espèces, mais doit être bâtit sur l'halieutisme et donc la prise de poisson prioritairement.

La FNFP n'a pas que des bonnes idées, elle a aussi des idées très très dangereuses.

Loire-Primagaz (2)Favoriser l'halieutisme ? Oui bien sûr mais il y a d'autres moyens pour satisfaire toutes les catégories de pêcheurs. Taper sur la réglementation est bien sûr celle qui coûte le moins cher. En tout cas bien moins que le programme de pub, marketing que la FNFP a entreprit depuis quelques temps déjà.







C'est facile de critiquer :

Oui, c'est vrai.
Favoriser l'halieutisme ?
Voilà quelques pistes qui me paraissent au combien plus importantes :
- créer des écoles de pêche,
- mettre en place des parcours pour pêcheurs handicapés,
- expérimenter les parcours de pêche à fenêtre de capture ou double maille,
- prévoir un programme au sein des écoles primaires et collèges sur la découverte des milieux aquatiques et la pêche,
- mettre en place un quota annuel de prise de carnassier voire de truite afin de partager la ressource...



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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 12:15


Je m'insurge aujourd'hui sur le degré d'hypocrisie dont fait part EDF lors de ses campagnes publicitaires.

   De belles brochures en couleurs, de superbes spots publicitaires qui présentent des images somptueuses d'harmonie entre de solides infrastructures et la nature. EDF est entré en bourse et ça se voit. Surfant sur la vague de l'écologie et du développement durable, EDF se présente comme (je cite) "un partenaire attentif à l'environnement" et nous définit l'hydro-électricité comme "une énergie propre et renouvelable".

   Pourtant la réglementation reflète bien la contradiction qu'il existe entre le développement de l'hydro-électricité et la protection des milieux aquatiques (Loi sur la protection de la nature, Loi pêche, Loi sur l'Eau et les Milieux Aquatiques). Ces textes tentent de limiter l'impact des infrastructures hydro-électriques par la mise en place :
- d'étude d'impact,
- de seuil minimal de débit réservé,
- d'autorisation pour les vidanges de retenues,
- d'étude d'incidence.
De plus, la Loi sur la chaleur et les économies d'énergie du 15 juillet 1980 institue le principe des rivières réservées sur lesquels aucune autorisation ou concession ne sera donnée pour les usines hydro-électriques nouvelles (10% environ du linéaire des rivières françaises). Si l'hydro-électricité était réellement une "énergie propre", le législateur ne s'évertuerait pas à tant de réglementation.

   Malheureusement, dans notre région, les zones propices à l'hydro-électricité sont les zones de montagnes là où naissent et commencent à grandir les rivières. Ces têtes de bassin versant qui devraient être protégés au moins des perturbations mécaniques sont finalement le berceau de l'hydro-électricité et le témoin des impacts écoeurants de cette "énergie propre".
  
Comment une énergie "propre" peut tant dégrader la qualité biologique des cours d'eau. Les débits réservés rendent la rivière pitoyable à voir. Un petit fil d'eau sur un lit devenu démesuré. Rien que le terme employé pour ces secteurs donne envie de vomir : "les tronçons court-circuités".

Réglementairement, le débit réservé ne peut pas être inférieur à 1/40ème du débit moyen interannuel (pour les installations existantes) et 1/10ème pour les installations nouvelles. Imaginez donc ce qui pourrait se passer en période d'étiage où le débit du cours d'eau peut être de 1/10 ème du débit moyen interannuel... 




De plus, les retenues hydro-électriques aussi petites soient-elles perturbent considérablement le transit sédimentaire au sein du réseau hydrographique. Les matériaux arrachés à la roche mère se déposent en amont des barrages et comblent au fur et à mesure les retenues et prises d'eau. La solution employée par les concessionnaires est donc de vidanger ces retenues et évacuer les sédiments en aval (principe des vidanges de barrage ou des chasses). Ici sur  cette prise d'eau, EDF a légalement (autorisation préfectorale) la possibilité de réaliser 10 chasses annuelles. Mais au lieu de le faire une fois par mois environ afin de limiter la concentration de matière déversée en aval, EDF attend l'automne. La période où les feuilles tombent des arbres. Après toute une année de sédimentation au sein de la prise d'eau, EDF évacue en quelques semaines toute la matière en aval.



Sédimentation au niveau de la retenue sur une année et évacuation des matières à la rivière en aval.

    Les photos ci-dessous présente la rivière en aval de la retenue à deux instants différents : en période de débit réservé et en période de chasse.
 

  Alors ? Une énergie propre ? La conséquence d'une telle artificialisation du régime hydrique de la rivière conduise à de nombreux impacts néfastes à la qualité biologique et physique du cours d'eau. D'un côté, les débits réservés sont à l'origine d'une réduction impressionnante de l'habitat des truites, d'un appauvrissement de la macro faune benthique, d'une limitation du pouvoir auto-épuratoire de la rivière. Bref les débits réservés sont à l'origine ... d'un manque cruel d'eau. Voilà l'un des plus grand mal que peut connaître la rivière : le manque d'eau. De l'autre, le relargage des sédiments augmente parfois de façon mortel pour les truites le taux de matière en suspension dans l'eau et surtout colmate de façon très importante les habitats et le fond du cours d'eau. Quand on sait que les 3 facteurs déterminants pour la survie d'une espèce sont la nourriture, la reproduction et l'habitat, on ne donne pas cher des espèces présentent sur ces secteurs.

 
Après les vidanges ou les chasses des retenues et prise d'eau, le colmatage est effrayant.
 


    Loin de moi l'idée de dire que je n'ai pas besoin d'électricité. Elle est essentiel pour la majorité d'entre nous. Non, ce que j'ai du mal à supporter c'est cette hypocrisie de dire que l'hydro-électricité est une énergie propre et qu'il faut construire de nouvelles centrales hydro-électriques. Mais EDF n'est pas le seul visé. Par le Grenelle de l'Environnement, le plan Borloo a notamment pour objectif de relancer cette source d'énergie. Et le pire, c'est qu'il est prévu une mise en concurrence des concessions hydro-électriques françaises détenuent actuellement par EDF pour 80% environ et le Groupe Suez pour 12% (CNR + SHEM). L'Etat choisira la meilleure offre  selon des paramètres énergétiques, économiques et environnementaux. Bien me dirait vous ? Pas sûr. D'une part car je pense sincèrement qu'EDF n'est pas la pire des entreprises question environnement et d'autre part parceque le paramètre environnemental est principalement axé sur la suppression de certains obstacles à la libre circulation des poissons (tiens ça j'en avait pas encore parlé !). Si vous suivez bien mon raisonnement, cela voudrait dire que je vais payer mon électricité à X qui aura obtenu la concession hydro-électrique car il aura prévu sur l'ouvrage de construire une magnifique passe à poisson qui sera financée par ... moi-même à travers les subventions qu'il aura touché de l'Agence de l'Eau pour ce type de travaux (je vous rappelle que sur votre facture d'eau, vous payez une taxe reversée à l'Agence de l'Eau). 

   Je suis ainsi inquiet de la braderie des concessions hydroélectriques et inquiet de l'utilisation des ouvrages des futurs concessionnaires. La réflexion est simple : la matière première (eau) est gratuite, l'investissement de départ est déjà réalisé (ouvrages), imaginez donc les dividendes pour les actionnaires des nouveaux concessionnaires. Pire, nous commençons à voir dans nos vallées pyrénéennes de nouvelles micro-centrales là où le milieu avait été jusque là respecté et préservé...
 
                         Future mirco-centrale hydroélectrique et future rivière à débit réservé ! (Adour de Lesponne).
   
 

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 11:15

   Qu'elles sont belles nos petites routes départementales joignant les villages des vallées pyrénéennes. Qu'elles sont jolies. Bordées de fleurs diverses, de petits cours d'eaux sans nom, de fossés d'irrigation par submersion.



   Le long de ces routes, certains randonnent, d'autres pêchent, beaucoup roulent à bicyclette. Des enfants y ramassent quelques fleurs pour la fête des mères.

 

Mais pour combien de temps encore ? Combien de temps encore ces méchantes bêtes au gazole vont cracher leur saloperie sur nos cours d'eaux, sur nos fleurs et nos abeilles. A cause de pratiques écoeurantes, c'est toute une chaîne alimentaire aujourd'hui en péril.
 

 

Qui est au bout de cette chaine alimentaire ?

 

Alors oui, aujourd'hui, j'en ai eu marre. Je les avaient déjà prévenu il y a quelques mois. Ils se voulaient rassurant. Me certifiant que ces produits n'étaient pas pulvérisés au bord des fossés en eau et surtout étaient inoffensifs. Le nom du produit inoffensif ? Jamais pu l'obtenir.

 

Non jamais au dessus des fossés en eau. C'est sûr ?



Oui, aujourd'hui je suis fatigué. Aujourd'hui, j'en ai assez. Alors l'ONEMA s'est déplacé. L'ONEMA a verbalisé.

Certes, ça ne changera peut-être pas grand chose.

Alors, s'il vous plaît messieurs, changez vos pratiques et respectez notre environnement.

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  • Attiré depuis tout petit vers la surface de l'eau, je n'ai cessé de chercher à ce qu'il y avait en dessous. Cette pensée m'obsède toujours. Ainsi c'est au bord de l'eau que je me ressource, pour percer ce mystère.
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